Tunisia'Events

Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 15:43

Peu importe les couleurs,

quand on porte dans le coeur

son combat et ses voeux;

 

Peu importe les saisons,

quand l'hirondelle du printemps

flâne dans nos cieux d'antan;

 

Et peu importe les amours,

car rien ne vaut le grand premier

celui qui dure pour toujours:

 

L'appel du sang, qui nous rend

frères et soeurs, unis dans la misère

et même face à la mort du tyran.

Par abou.nizar - Publié dans : Tunisia'Events - Communauté : tn-overblogs
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 23:43

Q1. Que représente la révolution tunisienne de 2010-2011 pour vous ? Que pourrait-elle apporter à la Tunisie ?

  1. Une preuve indiscutable que le pays était toujours uni, malgré tout les résidus régionalistes et le conflit générationnel et qu'il était doté d'une conscience secrète inouïe malgré sa démission politique et l'opacité des médias locaux. L'union fait la force, quand ce qui se pense tout bas se crie tout haut d'une seule voix et ce malgré les chamailleries post-révolutionnaires où tout le monde pense pouvoir refaire le monde et surtout savoir comment.

  2. Une opportunité à saisir pour faire du « bon élève de la banque mondiale » un lauréat fort de son diplôme et de sa réussite qui je pense sera majoritairement autodidacte, même si elle devra s'appuyer sur la reconnaissance de la suprématie scientifique de l'autre, quelque soit « ses valeurs ». Liberté dans notre monde est synonyme de contraintes, penser que ce qui est voulu localement sied parfaitement à ce qui est requis à l'échelle mondiale et une erreur. L'objectif est de coller à ces contraintes le plus possible et n'avoir de cesse de les repousser chaque jour d'avantage, en espérant un jour basculer vers un meilleur équilibre.

  3. Un modèle à suivre pour *tous* les pays du monde : à commencer par les moins développés, parce que c'est une condition sinequanone de leur développement (tous les autres pays arabes en tête et heureusement ils ne manquent pas à l'appel), en passant par les « élus » gâtés des entrailles de cette planète (les أخطى راسي واضرب)(*) parce que la destinée du globe concerne tout ses habitants et qu'on ne peut pas faire partie de l'élite qui spolie le reste du commun des mortels en rapatriant en masse leurs matières premières sans trop oser *réellement* intervenir dans leur misérable sort, en arrivant à ceux qui tiennent les gouvernes de l'ordre mondial et qui se prétendent défenseurs des droits de l'homme et qui de l'autre côté envoient leurs troupes bombarder des pays sur la base de fausses accusations (je pense aux USA avec l'Irak et je prie pour une révolution populaire aux états-unis à l'image de cet illustre peuple).

 

Q2. Quelles sont les réformes urgentes à entreprendre pour bâtir aujourd'hui la Tunisie voulue pour demain ?

Tout est à réformer et pour cause :

  1. La question du régime politique ou du système de gouvernance choisi pour le pays reste la première priorité. Il est clair et communément admis auprès de tous les tunisiens qu'il est hors de question de réitérer l'expérience du régime « présidentialiste ». Le problème avec ce régime historique en Tunisie c'est qu'il donne tous les pouvoirs (où presque) à une seule équipe : le cabinet présidentiel. Le choix d'un régime particulier ne doit pas se faire à l'aveuglette et dans l'empressement du changement, il faudrait plutôt méditer les expériences mondiales similaires et choisir celle qui pourrait s'acclimater sous le contexte tunisien. Je me rappelle qu'à l'aube de l'indépendance, des émissaires de Bourguiba parcouraient le monde à la recherche du « modèle parfait » ... aujourd'hui nous pouvons gagner du temps car nous vivons une époque nouvelle où le savoir circule plus librement, où ainsi nous parait-il :) Ceci constituera en partie le travail de la commission constituante, mais le concours de la société civile et la validation par le suffrage universel après une large campagne d'information sur réel objet du vote et son impact sur tout un chacun. Je pense qu'il ne serait pas impossible d'expliquer à travers des spots publicitaires ou des leçons ou débats vulgarisés expliquant la différence entre le régime actuel et le régime parlementaire (à titre d'exemple). Dans la dénonciation des dérives administrative (là où l'état empiète sur la collectivité) les commis du pouvoir exécutif devront prendre le lead. Certains par réaction à un système qu'il refusaient pertinemment, d'autres par pur besoin de recyclage socio-professionnel. Il faudra alors espérer que les ténors administratifs donneront l'exemple.

  2. Une pyramide tient sur sa base. Le peuple qui a dégagé Ben Ali devra se dégager lui-même de toute son empreinte et même de tout ce dont ce dernier fût innocent. Comme il est expressément demandé à l'état de s'en tenir à son rôle de gérant des affaires du peuple, le peuple devra s'engager à respecter ses instruments et ses établissements et y voir les clefs de son bien-être et de son confort. Le peuple qui s'est affranchi de la dictature devra aussi se souder encore d'avantage et s'empresser de corriger les complexes du passé. Des tabous régionalistes devront tomber : de quel droit une famille tunisoise rechignerait-elle encore aujourd'hui à s'allier à une famille de Sidi Bouzid, de Gafsa ou encore de Théla (et connaissant le sujet, la liste n'est pas exhaustive).

  3. Tout édifice tient sur ses pierres angulaires : dans le cas d'une société, c'est à l'élite intellectuelle de prendre le devant. Un logement et un travail décent pour tous, toutes régions confondues et pourquoi pas une redistribution géographique des capitales symboliques du pays, histoire de soulager quelques villes de la surpopulation et de brasser du monde dans des villes aujourd'hui devenues fantômes. Une refonte intelligente du système éducatif tout entier. L'intelligence revient à ne pas réinventer la roue : l'histoire du secteur et de ses réformes dans le pays suffisant largement à tirer les bonnes leçons. Ce système devra inculquer les vraies valeurs républicaines à notre jeunesse, il devra les sensibiliser à des sujets comme le soin du langage, le respect d'autrui et surtout les inciter à une lecture critique l'histoire et à apprendre de ses erreurs pour pouvoir défendre ses projets futurs. Voilà les vrais sujet d'un débat constructif et ce n'est nullement (et rien qu'à titre d'exemple) cette polémique mal-saine sur la laïcité qui ignore le caractère exceptionnel de l'expérience tunisienne et s'obstine à voir des problèmes partout, sauf là où ils existent vraiment, où plutôt là où ils sont prioritaires ...

 

(*) : la participation du Danemark dans l'embargo aérien actuel sur la Lybie à ce titre est très louable.

Par abou.nizar - Publié dans : Tunisia'Events - Communauté : tn-overblogs
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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 22:59

Qui suis-je ? Cette question je me la suis posée très jeune et pour cause j'avais grandi dans un environnement culturel « panaché ». Mon père et ma mère sont originaires de deux villes côtières séparées par quelque chose comme 120 KM et quelques années lumières de différences sociales et civilisationnelles ; au point où le langage ne suffit parfois pas à s'entendre et où l'on perd son latin pour de bon à osciller entre deux dialectes tunisiens bien différents :)
Ces 120 KM de préjugés, de disparités, de visions différentes par rapport à tout ce qui peut bâtir un humain : les priorités de la vie, la situation financière, la religiosité ; tout ceci a participé à bâtir mon personnage encore à quelques centaines de KM de là, à Tunis :  un autre environnement complètement à part avec ses propres contraintes de « micropole » méditerranéenne.
Tunisienté éparse ?

Quand j'entamai le « teenage », l'image que j'avais du tunisien que j'étais était parfaitement sculptée par les effets conjugués de la RAI UNO, la première chaine TV italienne d'un côté et Antenne 2 (devenu France2) de l'autre. Mon père qui avait un tel franc-parler (surtout avec les gens qu'il appréciait) me l'avait pourtant dit : ils nous montrent leur télé, pour qu'on achète chez eux et pour que peu à peu nous devenions comme eux ... Faisant la sourde oreille à ses avertissements « grisonnants » j'en usais de cette « pétillance maghérbine » (Ave My Gad) et j'en abusait à souhait sur les plages de la côte. Ma famille à l'époque n'était pas financièrement des plus aisées, nous vivions dans ce qu'on appelle « un quartier pop » et pourtant j'avais accès à ce que la jeunesse demandait, certes « faisant avec les moyens du bord », mais au passage j'ignorais que beaucoup de tunisiens de mon âge ignorait la vue de la mer.
Tunisienté imposée d'ailleurs ?

Pour être franc et au risque de me redire, mon bilan de ma tunisienté était tellement pauvre à l'âge de 18 ans, que je ne rêvais que d'une chose, quitter le pays ! (N'est-ce pas là notre sport national par excellence ?) Pourtant nous commencions à vivre mieux, mon père avait fini de bâtir notre nid familial (je crois qu'il a du y mettre beaucoup plus que toutes ses économies) et sa carrière professionnelle s'annonçait des plus prometteuses ... Cependant il me manquait l'essentiel pour rester et combattre l'envie de partir loin : une raison valable ! Nom de dieu, je ne peux pas vous expliquer combien c'est humiliant pour un ado de se faire demander sur un ton autoritaire par un flic de merde de revenir un kilomètre sur ses pas pour aller lui chercher un sandwitch. Surtout quand l'ado en question était justement entrain de rentrer chez lui à pieds depuis son petit boulot d'été sous les 40 degrés à l'ombre de Juillet ... Ce jour là je crois que j'ai du cracher de toutes mes forces sur cette tunisienté volée, bafouée devenue méprisable ... et dans mon esprit, l'idée d'un autre horizon a commencé sa nidification. Je souligne qu'à l'époque, de part mon âge et le contrôle médiatique j'ignorais que des centaines de tunisiens étaient prêts à rester et à se battre contre cette atteinte à notre tunisienté à tous.
Tunisienté mais où es-tu ?

Quand j'ai eu enfin la chance d'aller en Europe, je me suis découvert dés le premier jour un tout autre langage ! Je suis devenu un petit fanfaron du modèle tunisien de la tolérance, du savoir-vivre et de cette sagesse historique millénaire que l'on voit diffuse dans les yeux de ces enfants ...
Oubliant vite fait cette petite altercation entre un flic véreux et mon petit ego de teenager qui fut « symboliquement » à mes yeux à l'origine de mon départ. Je suis sûr que les explications psychologiques doivent pulluler pour commenter ce revirement spectaculaire mais j'en tire une seule et unique conclusion : je l'aimais cette Tunisie que j'ai du pourtant fuir et je l'aimais tellement que je me mentais à moi-même en voulant la faire apparaître sous sa plus belle robe.  Parfois nous faisons ceci pour nous protéger : on montre notre plus beau visage même si les conditions ne sont « pas terribles » ... Pourtant durant cette même période je ne cessais de relever par-ci, par-là des petits détails inquiétants et soufflant la flamme de mon souvenir d'une dignité bafouée. Internet aidant j'ouvrais les yeux sur l'ampleur de l'incendie qui brûlait mon pays de l'intérieur et je me posais de moins en moins de questions sur l'origine de cette fumée qui nous asphyxiait tous ...
Tunisienté en gestation ?

De retour en Tunisie, j'ai fini par trouver un boulot pépère dans l'administration tunisienne après un bref passage dans le secteur privé. (Le groupe BATAM venait d'être déglingué par les Trappa (c))
Et à défaut de continuer de nettoyer des « jpeg » pour le site web de la SMAK, je me suis retrouvé dans la plus grande institution tunisienne à caractère social à apprendre un vrai métier sous une bonne hiérarchie au départ (excellente même à certains niveaux).
J'entamai mon projet de vie et du coup je commençai à vouloir vivre mieux dans ce pays que j'ai décidé après tout de retrouver. Un théorie intéressante circulait parmi les nombreuses nouvelles recrues dont j'étais le collègue : changer le système depuis l'intérieur pour qu'il représente mieux nos jeunes ambitions. Je nous voyais chacun essayant à sa manière, certains se mettant tout de suite dans la gueule du directeur (RCD) pour leur franc-parler et d'autres qui utilisent leur connexion toujours avec le RCD pour humilier par le geste et la parole leur propre chef. Cette tunisienté je la voyais se tortillant dans un combat fratricide entre la volonté de servir le pays et l'envie de se servir d'abord ... Tunisienté malade ?

Depuis les événements de Redeyef en 2008, ma vision de ma tunisienté comme une dignité bafouée  commençait à se préciser autour de concepts plus pragmatiques : absence de justice sociale, opacité et déification des appareils de l'état et pour finir une mission sécuritaire orientée contre le citoyen et non à son service ... De part mes rencontres j'ai compris que toutes les régions tunisiennes bénéficiaient du développement ... « certaines plus que d'autres » et que mon silence certes dépité, ne valait pas mieux que l'action de ceux qui en étaient directement responsables. Tunisienté amère de se sentir coupable et encore plus amère de se sentir cantonnée dans sa propre impuissance. Tunisienté qui parle sans tabous uniquement dans les salons privés ou dans un langage soigné dans les blogs ou forums sur ma cyber-toile et qui pourtant reste convaincue de sa propre déperdition. Vint enfin l'acte libérateur de ce BouAzizi (Al Fatiha), cet acte dont il a du souffrir jusqu'à ce que mort s'en suive et que beaucoup ont sur-enchéri en donnant leur vies (Al fatiha pour nos martyrs) au service d'un rêve : pour que nous (tunisiens restés vivants) puissions savourer un instant le départ de ZABA. Cette tunisienté je l'ai senti se réveiller en moi, en ressentant ma peau crépiter sous la flamme comme celle de BouAzizi, en ressentant chaque balle tueuse tirée par un sniper sur un manifestant pacifique comme me traversant le coeur ou pire encore comme tuant ma propre chair : mon frère, mon fils, mon père ...
 
Aujourd'hui j'en suis réduit à ce vide nous entourant ma tunisienté nouvellement découverte en moi et cette horde de vautours voulant à tout prix tuer ce projet dans l'oeuf. Pourtant mon optimisme est clair et même si la vigilance est toujours de mise je sais que cette tunisienté nouvelle bâtie sur une fraternité sans équivoques a de longues et heureuses générations devant elle. Le sang des martyrs ne sera pas vain tant qu'il coulera toujours dans les veines de 11 millions de tunisiens, car rien n'arrêtera un peuple que la galère aura réuni %

Par abou.nizar - Publié dans : Tunisia'Events - Communauté : tn-overblogs
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Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 14:49

Quelques conseils modestement formulés par un Tunisien à ses compatriotes durant ces événements qui secouent notre pays bien-aimé. La révolution est historique certes mais reste toujours aussi vitale et cruciale pour l'avenir de chaque Tunisien. L'heure de la passion est passée et le moment de concrétiser est d'ores et déjà arrivé et sera bientôt révolu au grand dam de tous si on ne se met pas tout de suite au travail ...

 

A tous les Tunisiens:

- Faisons notre Mea Culpa franc et net aussi bien dans le discours que dans l'action par rapport à toute cette impuissance que nous avons vécu durant le règne de Ben Ali. Ces braves gens habitant le cœur malade de notre cher pays et qui ont persisté à dire NON alors qu'une écrasante majorité des tunisiens voyait les impénétrables voies du Système comme un possible « vivable » nous ont donné la possibilité de devenir enfin des êtres humains à part entière. De part leur courage et leur désespoir qu'il ont exprimé au grand jour et payé de leur sang, ils nous ont montré la voie: il ne s'agit pas maintenant de se diviser en intellos et illettrés ou pire encore en collaborateurs et résistants mais de s'unir autour de trois idées simples: Liberté, Justice et Ordre ou un ré-ordonnancement des armoiries de la Tunisie. Liberté pour que Justice impartiale puisse être faite et qu'un Ordre juste puisse être établi.

Le mot d'ordre ici c'est le souvenir du prix de la liberté. Plus jamais nous démissionnerons de la décision politique et ce sous aucun prétexte pour que plus jamais une part de nous tunisiens, ne souffrent de l'injustice et de l'oubli ... Ce sont là les vrais souvenirs à avoir et non ceux qui poussent aux règlements de comptes inutiles ...

- Nous avons tous le droit de parler (de manifester et même de contre-manifester si on veut) mais de grâce commençons par donner l'exemple de quelqu'un qui mérite cette révolution et cette humanité qu'elle déteint sur lui, chacun à sa petite échelle déjà: son cercle d'amis, sa famille etc. Apprenons la vraie signification des termes que nous employons tous les jours et ne jugeons personne sur une simple dépêche Facebook ou une vidéo qui peuvent tout aussi être fausses, montées ou périmées dans le temps ! Avant de prendre parti pour ou contre qui que ce soit, informons-nous et à la bonne source (publications internationales ou nationales) sur son histoire et sur ses idées. Personne ne peut avoir un avis intègre et correct sur quelque chose qu'il ignore, alors prenons la peine d'être méticuleux et vigilent cette fois-ci et faisons-le par patriotisme car ceci n'est pas une option mais bel et bien une obligation pour tout Tunisien qui se respecte. Durant 24 ans Ben Ali nous a gouverné parce que nous étions les cobayes ignares de tout son système politique, on croyait ce que lui et ses médias disaient à propose de beaucoup de choses. Réveillons-nous pour de bon cette fois-ci et quêtons le savoir avant de prendre parti et infester les rues pour ou contre quoique ce soit !

Le mot d'ordre ici, c'est être à la hauteur de cette révolution. Devenir un expert en politique n'est pas donné mais s'acquière par un processus d'apprentissage nécessaire sans être suffisant ... Le plus important ici n'est pas la dureté de cette tâche vu « le travail bien fait » de Ben Ali mais le besoin crucial et vital de l'accomplir pour que la Tunisie se porte enfin mieux ou ... comment après une union nationale sur le refus du système Ben Ali, les différences constructives sur les manières de procéder pour démanteler ce système foireux doivent être discutées et résolus dans un jeu politique transparent et propre et non dans la hâte et la précipitation entre la crainte du retour à la case départ et la crainte d'une d'implosion économique du pays ...

 

A toutes les personnalités publiques de la Tunisie:

- Nous voulons entendre la vérité sur ce qui s'est réellement passé en Tunisie. Nous voulons une vraie réconciliation populaire où les vrais coupables doivent se dénoncer par eux-même et non être déposés par les manifestations populaires ! (aussi maladroites puissent elles être des fois je persiste et signe qu'elles n'en restent pas moins légitimes)

Nous voulons que vous qui êtes sensés être les mieux informés en Tunisie nous briefiez sur la situation du pays. Le silence n'est plus de mise nous voulons savoir qui roule exactement pour qui et pour quels intérêts en Tunisie et ce dans les plus brefs délais. Il est tout à fait insupportable de vivre dans une telle démission de votre part et le Tunisien que je représente en a marre de toujours devoir se détourner du pays pour y voir plus clair dans les vrais acteurs qui le régissent en ce moment même !

Le mot d'ordre ici c'est la « parole libre » par opposition à cette Omerta destituée à jamais, mais aussi une parole juste et impartiale, constructive avant d'être destructive ...

A titre d'exemple je replace ici ma constatation du niveau déplorable avec lequel la crise de l'après Ben Ali a été géré par le gouvernement. Si ce gouvernement tient à rester en place par patriotisme comme il prétend, il faudra qu'il dise toute la vérité sur les enjeux en Tunisie et qu'il prenne en conséquence toutes les mesures nécessaires pour se transformer en un gouvernement « intègre » d'un point de vue populaire. Les quelques démissions symboliques demandées par le peuple ne devront pas être l'unique réponse mais cette approche mue par une logique juste et légitime devra se généraliser en cascade et ce partout où l'état n'est pas encore indépendant de la main-mise du RCD ou de ses collaborateurs dans la vie politique et civile.

- Peuple vs Elite Politique: de part les proportions et le rapport de force, le peuple a sans doute raison dans tous les cas. La classe politique n'a pas le droit de conditionner la volonté du peuple, elle en est juste le porte-parole et le gouvernement n'est que le gérant de ses affaires (au peuple). Prétexter que X est une personne indispensable pour la Tunisie n'est qu'un leurre car X n'est pas obligé d'être ministre ou président pour mettre son savoir-faire à contribution pour le bien du pays. D'autant plus que quand le peuple dit qu'il ne veut pas de technocrates collabos ou munies de faibles personnalités dans le gouvernement, ce peuple a raison et moi personnellement je m'en fous royalement qui le Pentagone ou l'Élysée a comme vis à vis au téléphone, tant que ce vis à vis représente la voix et la volonté du peuple dans ces décisions et ses engagements.

Le mot d'ordre ici est de supprimer à tout jamais ce « vs » dans le titre séparant élite politique (quelque soit sa position) et le peuple. Le peuple est impulsif, très mal-éduqué politiquement (à cause d'un quart de siècle de marginalisation) mais le peuple désormais réfléchit et il a toujours raison de par sa définition même. C'est bien à la classe politique de lui parler sur la même longueur d'onde et non de se présenter comme des donneurs de leçons bien prétentieux.

 

A tous les jeunes tunisiens:

- C'est bien de notre avenir qu'il s'agit là maintenant tout de suite. Nous avons cette chance inouïe d'avoir un pays où la race humaine n'a pas encore été complètement décimée et le devoir de sauve-garder cet esprit dans nos cœurs et dans ceux de nos enfants, petits-enfants et de les encourager à en faire autant. Nous avons la chance d'avoir une nouvelle identité de tunisien digne, uni avec tous ses compatriotes et le devoir de sauve-garder cette réponse tant attendue à une inexorable question identitaire.

Le mot d'ordre ici est devenir un acteur responsable. Ben Ali nous a réduit à la rue mais le vrai combat doit se faire dans d'autres sphères: informons-nous et investissons la vie publique tunisienne: associations, partis politiques, journaux et autres médias. Apprenons, réfléchissons, décidons et agissons, ensemble, chacun avec ses propres convictions, mais tous unis par un objectif intuitif et naturel: devenons ce peuple meilleur qui fera et largement méritera un pays meilleur.

 

A suivre ...

Par abou.nizar - Publié dans : Tunisia'Events - Communauté : tn-overblogs
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Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 03:30

En réponse à http://www.facebook.com/#!/note.php?note_id=10150103136327641&id=1061950356

 

Salut S,

 

J'ai lu avec beaucoup d'attention ta note sur Facebook et je suis heureux de constater qu'un tunisien avec un vécu aussi riche que le tien suit cette « mode ». Le fait est que le Facebook tunisien pullule de notes tout aussi éparses qu'incongrues (surtout ces derniers jours) infestant tous ses canaux de communication et du coup rédiger des « articles » plus élaborés et mieux argumentés devient une nécessité.

 

Tout d'abord je tiens à soulever un détail dans ton récit. Tu dis être motivé par un rêve que tu as fait (un cauchemar, oui nous sommes d'accord là-dessus) et je trouve ceci tout à fait symbolique de la machination dont nous avons tous été victime sous le régime Ben Ali : la peur de l'intégrisme qu'il nous a tous donné au biberon. Ceci dit je comprends ton désarroi face à cette question, je suis tout aussi terrorisé que toi de voir Al Qaida investir notre beau pays ou plutôt le vrai islam y perdre ses derniers remparts mais pour tout t'avouer je ne crois pas que garder le RCD représente la vraie solution contre un tel risque, ensuite je ne pense pas que le risque soit si élevé que ça.

 

D'abord empêcher le pays de sombrer dans le chaos a été la responsabilité de ce gouvernement laissé par Ben Ali dans le total désarroi c'est vrai, mais c'était sa responsabilité. Il a faillit à cette responsabilité pour une simple et unique raison, il n'a pas su se ranger clairement aux côtés du peuple dés les premières occasions. C'est à partir de ce moment là que dans la Tunisie de l'après Ben Ali il y a eu cette cassure entre le RCD et le peuple. Un Ghannouchi visiblement en conflit qui ne sait pas parler en direct, un personnage politique sans aucune envergure devenu président (c'est toujours ce même héritage de médiocrité laissé par Ben Ali doublé de l’intransigeance de la constitution ... mais passons) plus un Friâa qui brise tous les espoirs en ratant son discours, très bien élaboré comme prévu pour quelqu'un de sa carrure mais un peu hors-sujet et au ton bien trop régressif et flirtant avec la limite de l’arrogant. Toutes les demandes du peuple devaient être anticipées par ce gouvernement pour laisser ce temps précieux au RCD de prouver sa bonne foi après Ben Ali. Pfff ... tant d'occasions ratés.

 

Ceci m'amène à mon argument. Pourquoi le gouvernement en place n'a pas décidé de prendre position et de parler clairement au peuple, d'abord à de ce qui se passe réellement, ensuite de la sincérité de ses intentions et finalement du programme net et précis permettant de les réaliser et ce d'une manière organisée et au nom du néo-RCD ? Je déplore ici le silence du gouvernement sur beaucoup de questions ... certains disent qu'il faut du temps pour préparer les réponses. Je dis qu'avec un peuple porté par sa passion pour la liberté, il n'est pas possible de gagner ce temps précieux, si en plus on perd la guerre de l'image : des sites et blogs toujours censurés, un accès toujours aussi filtré à la télévision nationale et des racontars sur des personnages clefs dans le départ de Ben Ali mais rien d'officiel etc.

Tu veux mon avis Skander ? Le peuple a raison de crier « dégage RCD » sans aucune direction précise, si le RCD lui-même ne sait pas quelle direction précise entreprendre pour régler sa propre crise ... Le problème Skander c'est que cette bêtise du gouvernement qui suscite à juste titre la colère du peuple met aussi dans la gueule du loup toutes les personnes intègres (mais soumises à Ben Ali durant son « règne » ou du moins colorées RCD) et qui ont pourtant une certaine technicité à donner au pays ... Espérons que nous les tunisiens serons assez intelligents pour ne pas tomber dans le panneau de la table rase.

 

Je sais qu'on a l'impression que je suis parti trop loin de l'intégrisme : les 5wanjiah en dialecte tunisien transcrit en alphanumérique, rassure-toi il n'en est rien. Tu pourras poser la question à tout membre qui se respecte du RCD, il te racontera l'écartement ensuite la machination dont le parti « Ennahdha » a été victime après le « changement » de Ben Ali en 1987. Peut-être il te dira aussi la récurrence des milices dans l'histoire contemporaine de la Tunisie et leur importance comme outil de persuasion :) Je ne sais pas réellement qui est « Ennahdha » (s'il se trouve ils roulent aussi avec Ben Ali ... en tandem : le flic et le birgand:)

Par contre et par respect de la volonté d'égalité et de liberté du peuple, dans cette Tunisie nouvelle il faudra compter avec ce présumé réseau électoral unique détenu par les islamistes dans les régions rurales tunisiennes et il ne faudra pas réagir à la question en écartant ce mouvement de la vie politique mais au contraire en lui donnant la parole et la réplique devant un peuple témoin. (J'ai lu que tu étais pour ce point, je pense donc que tu en saisis l'importance)

Ce qui à mon avis pourrait représenter un vrai contre-poids à l'islamisme en Tunisie ce n'est pas le RCD, mais les fronts révolutionnaires qui vont se liguer autour des partis ou institutions restés « intègres » pendant Ben Ali et surtout durant les quelques jours suivant son départ et où son gouvernement donnait l'impression qu'il était toujours là.

Ces institutions là ont su jouer leur jeu politique pour rester propres de tout soupçon et ça le peuple tunisien s'en rappellera. Je parie même que beaucoup de ex-RCD vont rejoindre ces partis ou même en créer des nouveaux et je trouve que ça ne serait pas si mal que ça.

 

Pour revenir au vrai problème. Dans le chaos la logique n'a généralement plus recours. Le divorce à l'amiable du RCD de l'état aurait du être la tâche du gouvernement de transition (ou de la commission qu'il aura créée  dans ce but) et il aurait pu se faire selon deux scénarions : bottom-up du peuple vers le centre du pouvoir (dans la dialogue hein ! Et surtout pas comme dans ces vidéos déplorables où on voit des PDG sans aucune envergure courir pour fuir un lynchage collectif) ou top-down depuis les rennes du pouvoir jusqu'au simple « Omda ».

Cet effort aurait pu être supervisé par une commission indépendante de toute ambition politique avec un gouvernement toujours RCD (en partie comme toutes les autres mouvances d'ailleurs, y compris l'opposition « cacahouète » qui aurait clairement et rapidement montré son repentir de l'ère du « Bendir »). D'ailleurs ce gouvernement RCD aurait pu aider à diffuser la bonne information sur son réseau pour pouvoir le démanteler ...

Pourquoi tout ceci ne s'est pas déroulé comme il le faut ? Parce que le RCD n'était pas uni, parce que beaucoup d'intérêts faisaient que certains de ses membres devaient être mystérieux et donc jamais explicitement solidaire avec le peuple ... Le RCD a toutes les raisons d'être banni comme parti de part son historique sous Ben Ali, mais si le peuple l'a banni c'est surtout à cause de son attitude après le départ du dictateur ... Comment penser qu'un tel parti pourrait représenter une vraie réponse à un intégrisme violent en Tunisie ?

 

[1] http://www.facebook.com/#!/note.php?note_id=10150103136327641&id=1061950356

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