Mon chagrin d'amour est aussi vieux que la nuit des temps.Il se fout de l'oeuvre du temps, comme tout éternel.
Il m'arrive pourtant d'avoir l'impression qu'il sombre des fois, dans un de ses sommeils profonds où même ses balbutiments les plus inaudibles finissent par diparaître.
J'ai appris avec le temps, que c'était ma conscience de simple mortel, qui piquait des sommes, de temps à autre.
Quand à mon réveil, je croyais nous avoir laissés à un certain épisode, il me sortait toujours une nouvelle surprise du fond de son chapeau ...
J'en étais même pris de compassion pour le pauvre petit lapin blanc ... seul au fond du chapeau.
Mon chagrin d'amour résistait à toute les drogues ... de la vie quotidienne. Il pouvait amplifier mes délires les plus fous, les meilleurs et les pires ...
Il me riait souvent au nez, mais finissait presqu'aussi souvent par me consoler ...
Nous avions appris à vivre ensemble, lui pour l'éternité, moi pour la vie.
Lui savait que la vie ne tenait vraiment qu'à un choix. Je commençais à peine à le comprendre, nos discussions étant devenues de plus en plus amicales.
Celle dont il était supposé être l'ultime ombre, finit par devenir son propre fantôme : un sentiment toujours aussi présent, jamais été plus fort.
Au départ j'avais du mal à me faire à l'idée d'avoir pu gagné, grâce à ce que j'avais perdu ...
C'était contre les lois de la nature, mais qu'en savait la nature, après tout ?
Toute chose, toute vie, succombe à l'oeuvre du temps.
Mon chagrin a eu plusieurs cuvées.
2008 est son premier meilleur millésime.
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